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Communiqué Compte rendu

Retour sur les manifestations contre les violences policières du 13/03 à Liège

Suite à l’agression policière le 8 mars envers une soignante noire place Saint-Lambert, qui a heureusement pu être filmée, des manifestations contre les violences policières se sont tenues ce samedi dans le centre-ville de Liège. Les policier·e·s, qui n’étaient pas vraiment présent·e·s lorsqu’il s’agissait de rassemblements majoritairement de personnes blanches, se sont soudain mobilisé·e·s en force pour empêcher les personnes concernées de se rassembler. Alors que les médias et politiques donnent la parole aux forces du soi-disant ordre, qui essayent tant bien que mal de légitimer leur violence en montrant leurs neuf agents bléssé·e·s, et pointent du doigt “des centaines de casseurs” qui perturberaient une manifestation calme, nuancée et pacifique, qui décridibiliseraient les revendications anti-racistes des “vrais” manifestant·e·s, nous souhaitons apporter une autre vision des choses, celle de personnes qui étaient sur place, en tant que médics, mais aussi en tant que manifestant·e·s.

Les jeunes qualifiés de “casseurs” ne sont guère apparus de nulle part ou venant de loin comme le prétend Willy Demeyer, le bourgmestre. Ce sont des jeunes de Droixhe, ou de Sainte-Marguerite, des quartiers populaires de Liège, qui subissent les violences et la répression policière jour après jour et doivent affronter un racisme structurel au quotidien. On parle là d’une violence bien plus forte que quelques pavés dans des vitrines. Si les policier·e·s n’avaient commencé l’escalade de la violence, ils n’auraient pas eu à déplorer des blessé·e·s. La réponse des manifestant·e·s, violente ou non, nous semble tout à fait justifiée, contrairement à l’acharnement du pouvoir (PS) à réprimer les mouvements sociaux et à armer la police.

Nous déplorons l’usage de grenades irritantes et asphyxiantes CM6. Alors qu’elles sont interdites dans des conflits armés militaires, la police n’a pas hésité à en utiliser plusieurs sur des manifestant·e·s, mais aussi sur des passant·e·s. Nul ne sait dire si c’était le vent ou le manque d’entrainement, mais l’arrivée des grenades semblait imprévisible, atterissant parfois sur les toits de restaurants, de l’hotel de ville ou asphyxiant des passant-es de la rue Léopold. Nous encourageons vraiment les manifestant·e·s à continuer de se munir de serum physiologique (0.9% de NaCl dans de l’eau distillée), ou même simplement d’eau pour nettoyer le visage. Nous comptons au minimum une cinquantaine de personnes sérieusement gazées.

Au moins une dizaine de fois, des policier·e·s en civils ont utilisé la même technique de se mettre à plusieurs pour plaquer un·e manifestant·e de derrière, puis, une fois maitrisé·e, le tabasser à coup de matraque puis l’arrêter (et probablement l’accuser de rebellion), nous mettant donc dans l’impossibilité de le soigner.

Deux canons à eau étaient présents (un de la police locale et un de la fédérale, qui est arrivée plus tard) et ont été utilisés sans retenue contre les manifestant·e·s. Nous conseillons de vous protéger vous-même et mutuellement fermement contre ces jets qui peuvent être dangereux.

Nous rappellons que, bien que le nombre d’interpellations soit peu impressionant, les images des caméras vont probablement être utilisées en aval afin d’identifier des manifestant·e·s et leur infliger une amende. Nous conseillons l’usage de masques, cagoules, capuches et gants, de vêtements noirs et pourquoi pas de colle forte sur les doigts pour éviter la prise d’empreinte. Se masquer, c’est se protéger mais aussi protéger les autres.

Il nous est impossible de détailler ici les bléssé·e·s individuellement comme d’habitude, simplement car nous sommes loin d’avoir été témoins de tout, mais n’hésitez pas à nous contacter pour témoigner. Vous pouvez aussi consulter notre article Signaler une violence policière.